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Un temps suspendu

19 octobre 2026 · L’Esprit Vagabond

Le matin, ses pas soupiraient sous ma fenêtre :

Mes touches répondaient, égrenant un refrain.

Demi-pause volée au milieu du chemin.

Puis repartait, sans même avoir pu me connaître.

Un jour, elle s’assit. Sous ses doigts ma chanson

Retrouva ses silences, une voix familière.

Ses mains savaient tirer des accords leur lumière

Puis laisser lentement mourir le dernier son.

La peau de ses deux mains était sèche et plissée

Et ses ongles fendus semblaient prêts à céder.

Un de ses doigts tachait mon ivoire de sang.

Je voulais que jamais ne s’achève cet air.

Mais que d’hivers semblaient avoir usé sa chair.

Elle avait six ans.

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